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Égalité entre femmes et hommes (économie et politique)


De l'OCDE au Forum économique mondial, l'égalité entre les hommes et les femmes est considérée comme un levier économique majeur.

De plus en plus de rapports démontrent que, tant dans les pays industrialisés que ceux qui sont en voie de développement, l'égalité entre les femmes et les hommes est un levier important pour la croissance socio-économique. Les hommes et les femmes sont complémentaires parce que leur réalité est différente. Peu importe s'il s'agit de différences culturelles ou autres, l'inégalité n'a jamais été un facteur de succès.

Alors qu'un simple regard sur des statistiques genrées démontre de façon fort évident qu'il existe toujours de très grandes différences entre les conditions de vie des femmes et des hommes, on prend souvent pour acquis l'égalité entre les femmes et les hommes pour acquis dans les pays industrialisés. Beaucoup de travail est réalisé dans les pays en développement entre autres dans le cadre des Objectifs de développement du millénaire de l'ONU. Alors que ces initiatives sont essentielles, le fait de travailler à une plus grande égalité entre les hommes et les femmes dans les pays industrialisés aura également un impact positif dans les pays en voie de développement, puisque les structures où se discutent des questions telles que la paix et la sécurité, les changements climatiques et l'énergie, les politiques étrangères, etc., inclueront alors davantage de femmes. Tel que l'UNICEF le répète continuellement, une plus grande égalité entre les femmes et les hommes contribue également au mieux-être des familles et des sociétés.


En politique, les femmes ne peuvent représenter les hommes. Les hommes ne peuvent représenter les femmes. Mais les femmes et les hommes représentent l'ensemble de la société.

La démocratie et la citoyenneté ont été systématisés par les Grecs qui croyaient alors que seuls les hommes pouvaient représenter la société, excluant de facto les femmes (et les esclaves). Il s'agit bien sûr d'un anachronisme un peu gênant qui est basé sur des perceptions et non sur la réalité. Au contraire, le fait d'exclure les femmes de l'éducation et de la sphère publique en général – que ce soit au niveau des décisions ou des actions – a plutôt contribué tout à la fois à augmenter la surpopulation dans les pays en voie de développement et à conserver des niveaux de fertilité trop bas dans les pays industrialisés. Cette situation a un impact important sur des questions telles que les changements climatiques et la diminution des ressources naturelles, mais également sur le niveau de développement socio-économique, la paix, l'éducation et le mieux-être des populations en général. À l'instar du modèle familial de base – où père et mère s'entendent sur un partage égal des tâches et des soins -, des sociétés égalitaires sont plus compétitives et innovatrices. Les pays nordiques ont compris cette équation il y a bien longtemps et continuent de prendre la tête dans de nombreux secteurs socio-économiques tels que l'environnement, les politiques sociales ou la compétitivité de leurs entreprises.


L'absence de statistiques générées nuit au développement économique.

Il est difficile de corriger une situation si les données ne sont pas disponibles pour analyse. Pour certaines entreprises ou gouvernements moins sensibilisés aux nouvelles questions économiques, il peut être tentant de ne pas vouloir transmettre des données genrées. Toutefois, les nombreuses poursuites pour discrimination – souvent fort coûteuses- ainsi que les difficultés de conserver une main d'œuvre qualifiée démontrent que de telles attitudes vont à l'encontre des intérêts de l'entreprise ou du pays. Alors que l'embauche et le maintien de personnel qualifié et dévoué est devenu un des enjeux majeurs de compétitivité et de survie des entreprises mais également de qualité des services publics, et ce, dans bon nombre de pays, les données sexuées peuvent être utilisées avec succès pour trouver des solutions à long terme. Ces données permettent également de détecter une distribution inégale de subventions, charges de travail, responsabilités ou bénéfices.


Dans un monde où la sphère publique est encore dirigée très majoritairement par des hommes, les questions d'égalité entre femmes et hommes peuvent être très dérangeantes, pour les uns comme pour les autres.

L'égalité entre les hommes et les femmes est une question complexe à traiter parce qu'il est difficile de ne pas en faire une question personnelle: les hommes ont alors tendance à se sentir blâmés et les femmes sont vues trop souvent comme des victimes. Cependant, tout comme pour les questions environnementales, ce sont les structures sociales, économiques et culturelles qui doivent être analysées afin de trouver des solutions, et non les individus en tant que tels. Il existe maintenant de nombreux rapports et études – tant publics que privés - sur les avantages de l'égalité entre les femmes et les hommes, pour ce qui est de la rentabilité des entreprises ou l'efficacité du système public. Cependant, cette question d'égalité est trop souvent considérée comme étant la seule responsabilité des femmes. L'égalité entre les femmes et les hommes est rarement considérée dans l'analyse financière des entreprises et dans les décisions d'investissement des gouvernements mais on la retrouve quelques fois dans les rapports de responsabilité sociale et dans les questions de développement durable.

La plupart du temps, cette question d'égalité est rejetée, absente, liée aux questions de diversité ou considérée comme une « valeur ajoutée » plutôt que d'être considérée comme un élément stratégique fondamental; il n'est pas étonnant que les actions et programmes visant l'égalité entre les hommes et les femmes soient alors peu efficaces ou mal comprises.

Le "réflexe de l'égalité" doit être développé, et ce, tant chez les hommes que chez les femmes. La Suède s'est préoccupée de ce problème depuis longtemps. Une équipe gouvernementale dirigée par Gertrud Åström a produit un outil d'analyse fort simple à expliquer et à comprendre, appelé la méthode des 3-R (aucun lien avec les 3RV de l'environnement). Celle-ci a le grand avantage de permettre de mettre au jour les perceptions culturelles qui sous-tendent les organisations sociales, économiques et politiques.


Comme son nom l'indique, la méthode des 3-R est basée sur trois éléments principaux d'analyse:

1.

LA REPRÉSENTATION, c'est-à-dire l'égalité au niveau des structures décisionnelles, mais également de la promotion. Autrement dit: Qui a accès à l'agenda? Puisque les femmes ne peuvent représenter les hommes et que le contraire est également vrai, il est important pour toutes les structures - publiques ou privées- d'inclure à la fois les femmes et les hommes dans les structures décisionnelles, de façon à ce qu'ils puissent discuter et décider ensemble. Il s'agit d'une question qui va bien au-delà de la justice et de la démocratie: une représentation égalitaire semblera beaucoup plus légitime au regard des structures décisionnelles et ce, tant pour les populations représentées que la clientèle et le personnel des entreprises. Dans un monde où les femmes achètent 80 % de tous les produits et ont les mêmes droits de vote que les hommes, l'égalité est pour le moins bénéfique, et ce, tant pour l'entreprise privée que pour les partis politiques.

2.

RESSOURCES, c'est-à-dire un partage égal des ressources humaines et matérielles en raison des besoins spécifiques des unes et des autres. Autrement dit: Les femmes et les hommes ont-ils accès aux mêmes outils? Par exemple, les nombreuses subventions aux entreprises dans le secteur primaire (extractions des ressources naturelles) ou en informatique bénéficient d'abord à des hommes, qui occupent la très grande majorité des emplois et des postes de décision dans ces secteurs. En contrepartie, les subventions accordées aux groupes de femmes qui luttent contre la pauvreté et la violence – causées en partie par une division inégale du pouvoir et de la richesse communes – imposent aux femmes la responsabilité des conséquences de l'inégalité sans leur accorder les mêmes avantages par rapport aux emplois dans des secteurs où les femmes dominent. La responsabilité de régler les problèmes liés à l'inégalité entre les femmes et les hommes devrait être reconnue par les gouvernements comme étant de leur responsabilité alors que les Ministères ayant des budgets de développement économique devraient porter autant attention aux emplois et entreprises dont les emplois sont majoritairement féminins, tout comme ils se préoccupent des emplois dans des domaines majoritairement masculins. Cela implique que l'économie locale soit considérée comme aussi importante que l'économie d'exportation, ce qui s'avère de plus hautement stratégique dans un contexte de mondialisation.

3.

RÉALITÉ, c'est-à-dire les causes qui permettent d'expliquer cette situation. Autrement dit: Pourquoi est-ce comme ça? Les causes de discrimination peuvent être systémiques et nombreuses, d'où l'importance de les analyser pour trouver des solutions. Pour ce faire, il est important de “sortir de la boîte” pour se poser des questions telles que:

a.

Pourquoi les emplois des hommes sont-ils davantage subventionnés?

b.

Pourquoi n'est-il pas possible d'obtenir des données sexuées?

c.

Pourquoi plusieurs femmes ne veulent-elles pas devenir politiciennes?

d.

Pourquoi davantage d'hommes que de femmes offrent des conférences en environnement?

e.

Pourquoi demande-t-on généralement à des hommes de s'exprimer sur la guerre dans les médias?

f.

Comment peut-on changer cette situation? Etc, etc....

Une fois les questions posées, il est possible de trouver des solutions et de mettre en place des plans d'action. Mais tant que les systèmes culturels, socio et politiques ne sont pas analysés, il n'est pas possible d'accéder à l'égalité entre les femmes et les hommes, ce qui a un impact négactif sur le mieux-être général de la société, et plus spécifiquement sur les femmes et les hommes.




Bebop et Cie travaille actuellement sur un document visant à expliquer comment l'égalité entre les hommes et les femmes a un impact positif sur la croissance économique au niveau régional. Le document inclut des stratégies auprès des femmes, des entreprises et des gouvernements.


Services offerts chez Bebop et cie (en français et en anglais):

Rapports sur l'égalité femmes/hommes au niveau économique (vulgarisation et argumentaire)

Liens entre l'égalité hommes/femmes et le développement durable

Élaboration de projets et planification stratégique en égalité femmes/hommes

Conférences et ateliers:
°

Égalité hommes/femmes et transport

°

Égalité femmes/hommes et développement durable

°

Égalité hommes/femmes et développement régional (l'exemple québécois)

°

Égalité femmes/hommes et entreprises

À lire absolument:
Women Matter (en français)
Women_matter_oct2007_French.pdf

Sites Internet (en anglais):

1.

www.sou.gov.se/mvb/pdf/rapport_engelska.pdf  
(Égalité femmes/hommes et développement durable)

2.

www.whywomenmeanbusiness.com/  
(Égalité femmes/hommes et travail)

Documentation : cliquez ici


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